Le mot du président

L’organisation des CECOS est un atout majeur au service des couples ayant des problèmes de stérilité ou pour les hommes ou femmes désirant conserver leurs potentiel de fertilité alors qu’ils se trouvent dans une situation à risque.
Il faut rendre hommage au Pr Georges David qui a fondé les CECOS et à tous les présidents successifs qui ont toujours maintenu la dynamique initiée il y a plus de trente ans.
Les équipes se renouvellent constamment, les plus jeunes se saisissant de « l’esprit CECOS » et faisant évoluer la Fédération. Ce réseau a pour finalité d’harmoniser les pratiques et d’en permettre l’évaluation dans un souci constant de sécurité et d’une action médicale optimisée.
Ainsi, un premier défi est de répondre précisément aux critères internationaux de qualité de la prise en charge des patients et la démarche de certification des centres en  cours en témoigne. Un autre enjeu est de toujours chercher à améliorer l’accompagnement des couples qui souhaitent avoir des enfants mais également de rester à la disposition des enfants et adultes conçus avec l’aide d’un don qui le souhaiteraient.
Enfin, la structuration des centres en Fédération crée d’excellentes conditions pour une participation réelle à la recherche dans les domaines de la fertilité. 

 

Une des richesses de cette Fédération  est au-delà de la prise en charge des patients une réflexion permanente et évolutive.

De nombreux points sont en développement : 

 

D’avant la conception à après la venue de l’enfant

 

Lors des premières années, l’activité des centres était centrée sur les couples afin de leur permettre de devenir parents avec l’aide de gamètes de donneurs avec le souci constant d’accompagner leurs démarches notamment avec l’aide de nos psychologues tout en étant très respectueux de ne pas s’immiscer dans la vie de ces couples après la naissance des enfants.  Très rapidement est apparue la question du secret du mode de conception : fallait il dire ou non ? Le travail au sein de la fédération a été relativement riche sur ce point et continu. L’importance de l’élaboration psychique durant la période suivant l’annonce de la stérilité a été soulignée par tous. Ce travail est important pour les couples désirant concevoir avec l’aide de gamètes d’un(e) donneur(se) et est le garant probable de la réussite du projet, notamment après la naissance de l’enfant.
Au-delà de ces réflexions avant la conception, la pratique clinique nous a fait rapidement apparaître le besoin d’un éventuel soutien après la naissance de l’enfant. Si quelques supports existent, il faut savoir que les CECOS se tiennent à la disposition des enfants et de leurs parents, des adultes conçus avec un don, pour les aider s’ils le jugent nécessaire.

 

Peut-on se saisir et évaluer la question de l’anonymat plus sereinement après le vote de la loi ?

 

La question de l’anonymat a toujours été au centre de nos travaux. Une réflexion importante s’est engagée au sein de la Fédération depuis sa création. Les réponses faites dans certain pays étrangers sur ce point ne nous ont pas paru satisfaisantes. La loi de biotéhique promulguée récemment a reconduit l’anonymat du don de gamètes mais le débat persistera. Il nous appartiendra de maintenir une veille scientifique sur le sujet et de suivre les expériences étrangères. Un des principaux défis sera d’évaluer nos années de pratique sur cette question. Quelques travaux ont été réalisés mais il faut poursuivre. Le sujet est très sensible et médiatisé. Plus de 40 000 personnes ont été ainsi conçues en France. Comment avoir une idée relativement objective des résultats sur cette question ? La Fédération réfléchit à la réalisation d’études dans ce domaine.

 

Le don d’ovocytes : une situation non satisfaisante

 

Le don d’ovocytes en France est particulièrement peu développé. Les CECOS et centres associés font la majorité des dons d’ovocytes en France mais la situation d’insuffisance n’est pas acceptable. La Fédération, début 2010, a saisi le ministère pour proposer des pistes d’amélioration. Nous attendons la position du ministère sur ce sujet maintenant que la loi de Bioéthique a été promulguée. Il est évident que le développement du don d’ovocytes sera un important enjeu pour les prochains mois.

 

Pour une culture du don en France

 

Dans le même ordre d’idée, la nécessité de développer une vraie culture du don dans notre pays apparaît comme une obligation. Cela suppose des actions d’information permanentes sinon récurrentes. Il appartient à l’ABM d’œuvrer dans ce sens mais la Fédération y participera.

 

La préservation de la fertilité : un défi majeur et des perspectives encourageantes

 

La préservation de la fertilité est la deuxième mission d’importance des CECOS. Elle est en général facile chez l’homme mais plus difficile chez la femme, l’enfant et l’adolescent. Les progrès dans notre domaine permettent de pouvoir proposer ces méthodes de préservation aux femmes et chez les enfants pour qui ces possibilités n’existaient pas il y a dix ans. L’ensemble des questions ne sont pas réglées en ce qui concerne l’utilisation des tissus germinaux conservés mais déjà les résultats sont encourageants. Cette prise en charge doit se faire au sein d’équipes pluridisciplinaires prenant la question dans sa globalité.
L’information du public, des patients, est un point encore critique sur notre territoire et des progrès doivent être faits impliquant tous les médecins avec l’aide probable des associations de patients.

 

Le futur

 

Les CECOS sont destinés à disparaître lorsque les traitements de la stérilité seront efficaces ou lorsque l’on pourra fabriquer des gamètes à partir des cellules souches du corps rendant à chacun ses capacités à concevoir. Malheureusement nous sommes loin d’avoir démontré la faisabilité de la création de gamètes artificiels et surtout leur innocuité pour la descendance. En ce qui concerne les traitements la situation ne prête pas trop à l’optimisme. Si l’ICSI constitue une alternative permettant à  des hommes présentant des atteintes sévères de la spermatogenèse d’avoir des enfants, aucun progrès thérapeutique décisif n’a été fait depuis plus de vingt ans dans le traitement de la stérilité.
Les CECOS vont encore exister durant de nombreuses années. Dans ce contexte, les défis qui nous attendent sont importants. La structuration des centres au sein d’une Fédération, souvent enviée chez nos voisins, est un des points qui facilitera les avancées dans ce domaine.