L'accompagnement psychologique

 

Pourquoi des "Psy" dans les CECOS
Accompagnement psychologique
La question de l'anonymat dans le don de gametes
Aspects Psychologiques
Explorations médicales des homme
Après le diagnostic de stérilité, le temps de la réflexion
Les eventuelles difficultés sexuelles

Pourquoi des "PSY" dans les CECOS?  

Les « psy » font partie de l’équipe pluridisciplinaire de chaque CECOS, et y collaborent avec leur compétence spécifique.
L’AMP intervient dans le domaine très sensible de la procréation qui est intimement mêlé à la question de la sexualité. Cette question n’appartient pas uniquement au domaine médical. Elle implique tout à fait la sphère affective et relationnelle des personnes qui consultent.
La présence du psychologue ou psychiatre dans les CECOS aménage un espace de parole où peuvent s’exprimer librement les affects.

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Accompagnement psychologique  

Le recours au don de gamètes implique une stérilité de couple. Que cette situation découle de la stérilité de l’un des membres du couple ou le choix de ne pas transmettre une maladie grave, chacun connaît une perturbation de son équilibre psychologique.
Devenir parents avec un don nécessite également un travail d’élaboration particulier, les « modèles » transmis par nos parents se trouvant modifiés.
Les « psy » (psychologues ou psychiatres) présents dans les CECOS ont pour mission d’accompagner ce travail de réflexion et d’élaboration et éventuellement d’assurer un soutien aux personnes qui en ressentent le besoin.
Toutes les questions qui vous préoccupent peuvent être abordées au cours de ces entretiens, qui peuvent également être prolongés sur votre demande.

L’accompagnement psychologique existe également en cas d’auto conservation ; de proposition de cryoconservation de tissus ovarien ou testiculaire, de don de gamètes.

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La question de l'anonymat dans le don de gametes  

Don anonyme ou pas ? C’est la loi qui répond à cette question.
En France, les dons sont anonymes, le donneur ou la donneuse ne peuvent savoir  si leur don a permis des naissances ni combien.  Les couples receveurs ne peuvent connaître le donneur, les enfants nés après une AMP avec l’aide de spermatozoïdes ou d’ovocytes de donneur ou donneuse ne peuvent pas non plus rencontrer la personne à l’origine des gamètes.
Pourquoi l’anonymat ? Il semble que cette règle soit celle qui permette le mieux aux deux membres du couple de construire psychiquement leur identité de parents, sans être encombrés de la « présence » d’une troisième personne dans leur projet de mettre au monde un enfant.
Ce qui manque à ces futurs parents, ce sont des gamètes, pas une personne puisqu’ils sont déjà deux (le don est organisé en France pour les couples stables constitués d’un homme et d’une femme)

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Aspects Psychologiques  

Les hommes sont éduqués pour être forts et ne pas montrer leurs faiblesses
Ils fréquentent beaucoup moins que les femmes les cabinets médicaux.
L’exploration de la fertilité est souvent la première fois qu’ils se confrontent à une prise en charge médicale dense.

Le premier examen qui leur est souvent demandé directement est le « spermogramme  »

Ce n’est pas un examen banal puisqu’il  exige une participation active des patients :
La masturbation. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’une situation « stressante ».

Il est utile de rappeler que l’érection a une partie « réflexe » mais qu’elle est supportée essentiellement par le psychisme.
Nous savons tous qu’il suffit d’exiger pour que cela ne marche pas ( comme disait Brassens « la bandaison, papa ça ne se commande pas ! »)
Si d’ordinaire pour le plaisir il n’y a pas de soucis, quand il s’agit  de « faire ses preuves »
tel jour à telle heure dans un lieu « particulier » c’est plus difficile.

Si le stress ne favorise pas l’érection, il est nécessaire d’en parler, d’y réfléchir au
préalable afin de ne pas paniquer le moment venu.
« Qui pourrait m’aider ?  Je préfère rester seul ou ma femme pourrait peut-être
m’accompagner, des revues suggestives pourquoi pas ? »
Je vais peut-être en parler au médecin, au psychologue ?
Prévenir vaut toujours mieux que guérir car après un échec cela devient plus complexe.
Le stress des premiers temps passé, l’éjaculation survient souvent rapidement.
En cas de difficultés de recueil il semble plus judicieux de ne pas insister. Prendre un autre rendez-vous, et s’y préparer d’une autre manière.

De plus il y a le résultat qui va découler de cet examen « Est-ce que je suis Bon ? »

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Explorations médicales des hommes  

L’autre grand facteur de stress est « la peur du résultat. »

Il y a dans le discours commun souvent une confusion entre virilité et fertilité.
La mise en évidence de l’absence de spermatozoïde est un facteur qui touche intimement l’homme. Il manque quelque chose, une chose qui ne se voit pas mais qui serait comme « un handicap caché ».
«Il n’a rien, il est rien » cela peut paraître un raccourci excessif mais il reflète l’impact dans un premier temps de l’annonce du diagnostic.
Il faut du temps  pour le dépasser et se reconstruire après  « le coup de massue ».

L’attitude de la partenaire est essentielle, mais difficile à trouver entre le trop maternant et le trop loin car elle est aussi dans sa souffrance propre.

Parfois on peut parler de moments « dépressifs » où chaque membre du couple veut préserver l’autre de sa souffrance.
 
Pendant ce temps l’impact peut se manifester au niveau de la zone touchée. Des difficultés sexuelles peuvent apparaître, des changements d’humeur, un silence peut s’instaurer.
Les hommes n’ont pas l’habitude de parler de leur souffrance. C’est parfois tellement difficile qu’on ne sait pas quoi dire.
Dans ces moments une aide psychologique peut être utile.

En plus d’autres examens peuvent être proposés, tout espoir n’est pas perdu et au fil des résultats, l’humeur varie en fonction des éléments positifs ou négatifs perçus, plus ou moins explicités.

La biopsie testiculaire est souvent l’ultime espoir pour l’homme, pour le couple et quand le résultat est négatif, alors plus on est monté dans l’espoir, plus la chute est dure mais comment ne pas espérer ?

Pour en terminer, il faut aussi noter le sentiment d’injustice, surtout  lorsque les médecins n’ont aucune explication à fournir. Comment être sûr que c’est vraiment fini ? Peut-être  que cela peut s’arranger ? La médecine ne sait pas tout ?

Accepter la fin du parcours, le diagnostic final peut prendre du temps. Il peut y avoir encore des passages à vide. Parfois les hommes ont peur pour leur couple. L’erreur serait alors de ne pas se donner le temps de cicatriser et de se précipiter dans une prise de décision pour
la suite trop rapidement.

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 Après le diagnostic de stérilité, le temps de la réflexion  

« Un enfant, le projet commun de notre couple, la consécration de notre amour, ce vers quoi nous tendions depuis plusieurs années. Nous avions attendu d’avoir un emploi stable, puis la maison qu’il a fallu aménager, … . ; maintenant nous sommes prêts à donner le meilleur de nous et ….Il n’y aura pas d’enfant ! »
« Non ce n’est pas possible, non ce sera insupportable. A quoi ça sert tout ça, le couple, la maison, notre travail… ? »

La tentation de la précipitation :
« Vite, effaçons cette angoisse. Le docteur nous a parlé du CECOS, c’est long parait-il. Vite, vite inscrivons nous ! »
Néanmoins, il semble urgent de ne pas se précipiter, d’éviter de prendre une voie dont la  seule fonction serait  d’éviter d’avoir trop mal.

La nécessité de la réflexion, du temps de la réflexion :
« Il faut trouver le chemin dans lequel notre couple puis notre famille peut-être, pourra s’épanouir ».
Des possibilités s’ouvrent : la première est souvent inenvisageable dans l’immédiat :
Rester sans enfant ! Mais de toute façon il en sera ainsi encore quelques temps.
L’adoption, le don de gamètes ne sont pas  immédiatement envisageables.

Rester sans enfant n’est pas un échec mais une voie possible, voire qui s’imposera avec le temps.
« J’avais peur de sa réaction si je lui en parlais, qu’elle (qu’il) penserait que je ne l’aimais plus »

  
La voie historique : l’adoption, tout le monde la connaît. Mais la connaît-on vraiment ? La presse se fait souvent l’écho des difficultés du parcours de l’adoption, du temps nécessaire et bien sûr des  échecs et des difficultés de tous ordres.
« Je voulais que ça vienne de lui ! »
« Je voulais qu’elle le mette au monde »
« Il faudra lui dire qu’on n’est pas ses vrais parents ? »
Comme d’habitude on oublie de parler des réussites, quand ça va bien on n’en parle pas.
Cela ne veut pas dire que c’est facile mais en  tout cas c’est possible,  et il y a des familles heureuses grâce à l’adoption.
 Peut-être qu’il faut  s’informer vraiment et pousser plus loin la réflexion.

Enfin ce qui, souvent est présenté comme une suite médicale logique, « le don de gamètes ».
Là aussi il faut prendre son temps, pouvoir dire à l’autre ses inquiétudes, entendre les siennes.
« Je n’y arriverai pas, c’est de lui que  je voulais un enfant, il a de beaux yeux !…j’aurai l’impression de le tromper,… il ne pourra plus m’aimer ».
«  Qu’est-ce qu’on va lui mettre dans le ventre ?  »
« A qui va-t-il ressembler ? »
« Je n’arriverai pas à lui dire et je ne sais pas mentir ! »
« Il va me rejeter,… »
« Le donneur va peut-être le reprendre un jour »

Le projet d’enfant traduit un engagement pulsionnel, passionnel, familial, existentiel, donc autour de ce projet vont se cristalliser toutes les réactions des protagonistes, des plus primaires aux plus complexes.

Les difficultés relationnelles
Parfois un silence s’installe dans le couple car on ne sait plus comment aborder un sujet où chacun est blessé à sa façon. On a peur de faire mal à l’autre. On sait bien que la blessure est douloureuse.
Il faut prendre le temps de « se retrouver » car c’est au couple de prendre sa décision
Il semble essentiel de prendre le temps de se dire ses inquiétudes.
En parler à d’autres amis, en parler à des professionnels peut être une étape nécessaire
pour arriver à en parler à l’autre.
Surtout ne pas s’enfermer, s’emmurer dans le quotidien «  pour oublier, pour ne pas y penser, parce qu’on n’y peut rien  »
Parler avec des mots, avec des gestes, partager des temps de détente,  faire des activités ensemble, peut fournir le point de départ d’une décision qui sera celle du couple qui vit et qui continue à se construire un  avenir.
Quelque soit la décision, elle ne trouvera sa force, sa conclusion que dans le prise en
compte des spécificités de chacun.

Un espace de paroles
Les « psy » des CECOS et les équipes médicales sont là pour vous aider dans la réflexion et votre démarche. Les professionnels sont à votre écoute et ont la distance nécessaire et l’expérience pour que chacun puisse cheminer intérieurement et au final aborder la question de la procréation avec l’aide de gamètes de donneur(se) sereinement. Dans certains CECOS les couples peuvent participer à des réunions au cours desquelles plusieurs couples désirant s’inscrire dans une AMP avec l’aide de gamètes de donneur peuvent échanger avec un ou deux couples ayant eu des enfants grâce à cette AMP

En cas d’échecs répétés
La fatigue et les sentiments de frustration augmentent. L’espoir diminue ; le couple s’essouffle…
« Comment redynamiser notre couple, ne pas vivre dans un temps suspendu à l’arrivée d’un hypothétique enfant ? »
« on n’ y croit plus…Ça devient trop dur, c’est de plus en plus difficile… »

Souvent le fait que la médecine ne parvienne pas à aider l’arrivée de l’enfant est envisagé mais tant que les médecins n’ont pas annoncé leur impossibilité d’aller plus loin, le couple continue à espérer jusqu’à la dernière tentative.  Mais plus on a espéré, plus c’est difficile d’accepter de renoncer…

Que faire ? Revenir aux autres options d’abord écartées : adoption ou ne pas avoir d’enfant.

                   Se donner le temps du travail de renoncement et retrouver un nouveau projet pour le couple.

  

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Les eventuelles difficultés sexuelles  

Tout au long du parcours la sexualité du couple va être mise à l’épreuve.

Si l’acte sexuel peut paraître « naturel » dans une histoire d’amour, quand il s’inscrit dans une assistance médicale à la procréation c’est une autre histoire.
Il n’est pas étonnant, ni rare que des difficultés sexuelles s’installent.

Ce qui était au départ un moment de rencontre désirée, de plaisir, devient une obligation procréatrice.

L’histoire peut commencer avec le test  de « Hühner » demandé par le gynécologue :
avoir un rapport à date fixe sur commande médicale c’est nettement moins romantique que d’habitude.
Le spermogramme, la masturbation, une pratique solitaire parfois lointaine mais qui ici va prendre un sens particulier pour permettre de faire un diagnostic.

Les différentes explorations sont, tant chez l’homme que chez la femme, toujours intrusives, parfois douloureuses, jamais plaisantes.
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Il y a aussi l’attente du retour des règles, une déception, un moment toujours difficile et de tension dans le couple.
     
Le désir s’effrite, le plaisir diminue « déjà parfois quand il n’y a pas de problème ce n’est pas toujours simple, alors là… »
Il y a parfois une baisse de la fréquence ou à l’inverse une augmentation du nombre de rapports.

Pour l’homme quand le diagnostic tombe, une impuissance sexuelle peut apparaître, confusion entre virilité et fertilité, parfois un vrai moment dépressif. Une atteinte profonde de l’image qu’il a de lui.
Pour la femme les examens, les traitements qui parfois déforment son corps (prise de poids) sont douloureux et sa libido, son désir est soumis à rude épreuve.
La culpabilité de l’un ou de l’autre, du porteur du symptôme, « c’est à cause de moi », modifie la relation dans le couple.
La répétition des échecs, « les montagnes russes »  entre espoir et désespoir, usent le couple.
« Comment garder suffisamment de vie pour que toutes ces épreuves ne nous détruisent pas ? »

Il n’y a pas de recette miracle, il ne suffit pas de dire « on s’aime cela va s’arranger ».
Parler, essayer de dire ses doutes, ses émotions, ses colères, partager ses joies même les petites, savoir attendre que l’autre soit disponible, se rendre disponible.
Continuer à faire des choses ensembles, la relation sexuelle arrive au bout d’une chaîne dont les maillons sont multiples.

La sexualité s’inscrit dans toute notre histoire et il est parfois difficile de se comprendre, de comprendre l’autre de l’autre sexe.
Il n’est pas facile de parler de son intimité avec l’autre et avec un « étranger » encore plus.

Voir un spécialiste si nécessaire, en tout cas ne pas nier le problème.

La plus part du temps les difficultés sont temporaires et les couples trouvent l’énergie nécessaire pour trouver leur solution.

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